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Coca Cola au Chiapas

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IMG_0001 IMG_0003 IMG_0004 IMG_0005 IMG_0006 IMG_0007Le Mexique ou les Etats-Unis ?

Un des symboles forts de l’invasion américaine au Mexique est l’omniprésence de coca cola.

Depuis l’accord de libre échange en 94 (date aussi du soulèvement zapatiste ), plusieurs multinationales ont envahi le territoire.

Au Chiapas, la compagnie a cassé ses tarifs pour pénétrer le marché et les villages indigènes. La boisson ici est très utilisée pour les cérémonies religieuses et croyances maya (roter permet d’ôter le mal). Avant ils utilisaient une boisson fermentée mais le coca est beaucoup plus rapide a se procurer.

Sur les bords des routes, dans les villages, toutes les boutiques ont les murs intégralement recouverts du logo de la marque, celle-ci achetant le matériel pour l’installation moyennant le monopole.

A l’entrée des villages indigènes, c’est le nom du village qui est écrit sur une bannière coca avec ce « Bienvenue a San Juan Chamula » sur fond rouge et blanc.

La marque achète tout.

Source SIPAZ :

Coca-Cola: Le Mexique est le premier pays consommateur de Coca-Cola dans le monde, et le Chiapas est l’un des états de plus forte consommation nationale.

L’entreprise Coca Cola est accusée au Chiapas de :

– Achat pour une utilisation privée de sources d’eau qui étaient auparavant propriété collective, quittant ainsi la terre et l’accès à l’eau aux populations autochtones (la production de bouteilles nécessite l’équivalent en eau de la consommation de 223 familles).

– Pollution de l’eau et vente d’eau polluée

Violations des droits humains : intimidation des syndicalistes, assassinats, tortures

– Promotion des divisions et des tensions dans les communautés autochtones au point de générer des déplacements forcés

Augmentation de la pauvreté : dans les communautés autochtones, une personne dépense jusqu’à 17.5% de son salaire minimum journalier en produits Coca-Cola

Augmentation de la malnutrition dans les communautés autochtones où il n’y a pas d’autre boisson qui soit meilleure pour la santé.

Avec une consommation de 487 bouteilles de Coca-Cola par personne et pas an, la plus élevée du monde, les Mexicains dépassent largement les Américains et leurs 436 bouteilles par personne. Presque la moitié (46 %) de tout le Coca-Cola vendu en Amérique latine est consommée au Mexique et sept rafraîchissements sur dix sont du Coca-Cola.

Il existe plusieurs théories qui tentent d´expliquer cet attrait qu´ont les Mexicains pour les rafraîchissements mais également pour l´eau en bouteille. L´une d´entre elles est liée à l´histoire difficile du pays en matière d´assainissement public, en particulier, en ce qui concerne l´approvisionnement de la population en eau potable. Le réseau de distribution d´eau dans les centres urbains présente des déficiences et le liquide qui en sort est impropre à la consommation. L´Association mexicaine d´études pour la défense du consommateur affirme que la qualité de l´eau potable dans le pays est telle, qu´elle pousse à la consommation de rafraîchissements ce qui « constitue le dérèglement le plus grave de nos habitudes alimentaires, de plus- il conduit à la consommation de calories vides ». L´eau du robinet est rare dans les zones rurales et les rafraîchissements remplacent le peu d´eau de mauvaise qualité.

De plus, dans les zones rurales, il est beaucoup plus facile de trouver et d´acheter un rafraîchissement qu´un aliment plus nutritif tel le lait. Dans tout le pays, 12 millions de personnes n´ont pas accès à l´eau du robinet et 23 millions n´ont pas de tout à l´égout. Au Chiapas, moins de la moitié de la population dispose d´eau dans son foyer, au moins un tiers dans l´état souffre de maladies causées par le manque d´hygiène, comme le trachome.

En outre, au Mexique, les rafraîchissements, grâce à la publicité, ont trouvé leur place au sein de la culture sociale actuelle. On les trouve invariablement à chaque célébration d´événements importants de la vie. A la campagne, les hôtes offrent souvent un rafraîchissement aux personnes qui leur rendent visite. De plus, la consommation de Coca-Cola, ou de succédanée comme Pepsi Cola, est obligatoire dans certaines activités sociales. Dans l´état du Chiapas par exemple, les rafraîchissements font partie intégrante de nombreuses cérémonies et rites de la population indigène. La consommation de Coca ou de Pepsi est mise en avant parallèlement au posh, alcool traditionnel de fabrication locale, parvenant même parfois à le remplacer.

La troisième raison de cette forte consommation est que les fournisseurs de boissons tentent d´imposer des quotas ou des objectifs de ventes aux petits commerces qui proposent leurs produits. Ils offrent aux petits commerçants des réfrigérateurs, des tables, des chaises et autres cadeaux de toutes sortes, pour qu´ils achètent en échange une certaine quantité de boisson par mois. A leur tour, les petits commerçants cherchent des moyens pour inciter leurs clients à acheter ces boissons en mettant comme condition à la vente d´autres produits l´achat des premiers. Dans de nombreuses localités, la marque de rafraîchissement en vente ne dépend pas tant du goût du client mais plutôt des accords passés entre l´autorité locale et les embouteilleurs.

La consommation élevée de rafraîchissements a une autre cause, liée aux publics visés par la publicité. Les enfants et les jeunes sont les cibles de prédilection des fournisseurs car ils savent qu´une fois habitués, les enfants sont des consommateurs à vie. Il n´y a pratiquement aucun moyen pour les enfants d´échapper à la présence du logo. Par exemple, « chaque fois qu´un enfant lance un ballon pour faire un panier, son cerveau enregistre le message « Prenez un Coca-Cola », peint sur le panneau de basket, sport le plus répandu dans les montagnes du Chiapas ». L´excès de publicité dans les communautés indigènes est tel qu´un groupe d´intellectuels mexicains envoya une lettre en 2005 au président de l´époque Vicente Fox :

Nous aimerions savoir si le Plan National de Développement inclut que la nutrition du peuple mexicain soit basée sur la consommation de Coca-Cola. Cette question, à première vue saugrenue, est motivée par la publicité agressive et démesurée que l´on fait de cette boisson, et par son prix de vente de 2 pesos (0,12 €) dans les communautés indigènes du Chiapas contrairement aux 5 pesos (0,30 €) qui est le prix pratiqué dans tous les autre commerces du Mexique.

En d´autres termes, les reproches faits à Coca-Cola quant à ses actions partout dans le monde peuvent se diviser en trois grandes catégories : le travail, l´environnement et la santé.

Pour un litre de boisson fabriquée, il faudrait utiliser au moins 3 litres d’eau.

Quoi qu´il en soit, l´impact sur l´environnement provoqué par un embouteilleur sur la communauté avoisinante, est toujours notable par la quantité démesurée d´eau qu´elle consomme. Au Mexique, depuis 2000, Coca-Cola a négocié avec le gouvernement 27 concessions d´eau, 19 pour extraire de l´eau des nappes aquifères et de 15 rivières différentes, parmi lesquelles certaines appartiennent à des peuples indigènes de par l´application du droit consuétudinaire. Huit concessions lui permettent de jeter ses déchets industriels dans les eaux publiques. Pour faciliter le processus d´extraction et d´évacuation, le gouvernement du président Vicente Fox (l’ancien préseident était président de la compagnie Coca cola) »avec l´aide de la banque mondiale, a privatisé l´eau avec succès, et a mis en place un programme à grande échelle pour privatiser la terre [le PROCEDE] qui a permis à l´entreprise privée d´avoir accès aux ressources terrestres, y compris à l´eau « .

Pour examiner de près les effets d´une usine d´embouteillage sur l´environnement, on peut prendre l´exemple type de celle de Coca-Cola à San Cristóbal de Las Casas qui appartient au groupe FEMSA. L´état du Chiapas où se trouve cette usine est le lieu principal de réserve d´eau du pays puisqu´il reçoit 50 % des eaux de pluie du Mexique.

L´usine du groupe FEMSA de San Cristóbal est la seule usine d´embouteillage Coca-Cola de l´état du Chiapas, et une des plus importantes de toute la région du sud-est du pays. Elle se trouve à 2 200 mètres au dessus du niveau de la mer, dans le bassin de San Cristóbal, sur le flanc du volcan éteint Huitepec, une des sources d´eau les plus riches de toute la région. La seule raison d´implanter l´usine à cet endroit, loin des principaux centres de population et dans une des zones les plus élevées du Chiapas, est l´accès aux abondantes ressources en eau. Actuellement, c´est cette usine Coca-Cola qui consomme le plus d´eau dans le bassin de San Cristóbal. En effet, elle a utilisé en 2004, plus de 107 millions de litres d´eau, soit l´équivalent de la consommation de 200 000 foyers, à savoir, plus que ceux actuellement présents dans tout le bassin.

L´usine de San Cristóbal fournit en boissons et en eaux en bouteille non seulement l´état du Chiapas mais aussi d´autres régions des états voisins de Tabasco et Oaxaca. A cet effet, en 2004, la production annuelle de l´usine d´embouteillage s´élevait à 43,8 millions de litres de boissons par an, soit 120 000 litres par jour. Les ventes annuelles sont estimées à 438 millions de pesos (26,5 millions d´euros) soit 40 millions de dollars, ce qui équivaut à 10 ans du budget de la municipalité de San Cristóbal pour toutes ses infrastructures.

Malgré ses incroyables bénéfices, le paiement de ses droits d´accès à l´eau est infime. En 2003, l´usine a payé à la Commission Nationale de l´Eau (et non pas à la municipalité de San Cristóbal) à peine 320 000 pesos (soit 29 000 $ ou 19 000 €), l´équivalent de 0,072 % des ventes annuelles du groupe FEMSA à San Cristóbal. En gros, on est en train d´offrir l´eau à Coca-Cola, mais lorsque la réserve de Huitepec se tarira, ce seront les municipalités et communautés qui s´y approvisionnent qui devront payer. L´usine, elle, changera simplement de lieu.

On connaît peu, du moins publiquement, la durée de vie de la nappe aquifère qu´abrite le volcan du Huitepec à San Cristóbal. Mais le fait que l´usine soit déjà à la recherche de nouvelles sources d´approvisionnement en eau dans l´état du Chiapas est pour le moins préoccupant.

Afin de s´introduire dans les zones rurales, et notamment indigènes, les différents embouteilleurs de Coca-Cola au Mexique (FEMSA en est un parmi tant d´autres), ont créé la Fondation Coca-Cola. Cette institution philanthropique construit et équipe des écoles, de même qu´elle donne des bourses aux étudiants pour permettre aux embouteilleurs de s´installer sur des terres riches en réserves d´eau. Dans la municipalité de Huixtán, au Chiapas, où la Fondation Coca-Cola a remis à neuf et partiellement équipé une école primaire, on trouve la source El Molino, que Coca-Cola souhaite acquérir. Dans la municipalité de Tenejapa, aux environs des collines de Matzam, la Fondation Coca-Cola a rénové les écoles de douze communautés. Elle en a profité, au passage, pour placer son logo, comme nous l´avons vu précédemment, dans les écoles à des endroits stratégiques.

Hormis le manque d´eau prévisible que va provoquer l´usine Coca-Cola dans le bassin de San Cristóbal, un autre problème n´a cessé de s´amplifier depuis l´arrivée de l´usine en 1980, ce sont les ordures. Cette usine a mis en place en 2000, la série de conditionnement « pep », une bouteille en plastique qui arrive à l´usine sous forme comprimée, et qui est ensuite chauffée et gonflée pour être utilisée comme conditionnement. Les bouteilles « pep » ont augmenté la pollution puisqu´elles ne sont pas réutilisables.

Si l´on prend en compte les données sur la production de boissons et d´eaux en bouteille en 2004, 43,8 millions de litres, pour une contenance moyenne d´un litre par conditionnement, on arrive à 43,8 millions de conditionnements qui ont été rejetés en seulement un an, pour une seule usine. C´est l´équivalent de 2 190 tonnes de déchets plastiques que Coca-Cola ne ramasse pas ni ne réutilise. Les bouteilles « pep », chacune composée de 50 grammes de plastique, ne sont pas biodégradables car elles sont pratiquement indestructibles, surtout lorsqu´elles finissent enfouies dans une décharge.

Il existe un autre problème environnemental incontrôlable, c´est celui des « boues toxiques », produites par les usines d´embouteillage. Les boues sont le résultat du processus de préparation des boissons et comportent en général de forts niveaux de déchets industriels toxiques tels que le plomb, le cadmium et le chrome (tous cancérigènes). Les boues toxiques de l´usine Coca-Cola à San Cristóbal sont enterrées sans aucun contrôle et polluent la nappe phréatique du bassin. La population locale n´a pas connaissance de leur existence.

Source CIEPAC

http://wp.me/pX0QU-82

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6 réflexions sur “Coca Cola au Chiapas

  1. Excelente artículo que debe MOVER a todos los mexicanos para que la Presidencia de la República tome cartas en el asunto.

  2. Sigamos de cerca los estragos que COCA COLA ocasiona en San Cristóbal de Las Casas, en Chiapas, en México y en NUESTRA SALUD.

    • lo siento por el retraso !muchas gracias ! me interesa lo que occurre en Chiapas con este grupo, y otros. Vivo en Francia pero me encanto su pais y su gente !

  3. Pingback: CIRCULEZ M’SIEUR DAME, Y A RIEN À VOIR ! – PARTIE 2 | Bisounours Eyes

  4. Pingback: Coca-cola: le rêve mexicain | LA SCIENCE DU PARTAGE

  5. Pingback: Coca-Cola et le rêve mexicain … - Wikibusterz.com

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